Prince Charmant ou Imposteur? Et si le prince charmant existait vraiment?

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On rêve de Monsieur “Charmant” mais faute de mieux, on se contente du crapaud, Monsieur “Presque-ça”. C’est presque un prince dont nous sommes presque amoureuses ou presque amies, avec lequel nous sommes presque en relation et presque épanouies.
— Magmoiselle

Peu importe que nos expériences amoureuses soient vastes ou presque inexistantes, depuis notre tendre enfance l’image idyllique d’un prince charmant courageux, beau, humble, généreux, fort et aimant nous est présentée comme étant le modèle de l’homme parfait. Depuis lors, nous le cherchons, nous le traquons pour arriver à la triste conclusion qu’il ne s’agissait, ni plus ni moins, de fantaisies pour enfants, de mythes surréalistes et de légendes intemporelles. Le prince charmant n’existerait donc pas. Ou alors, c’est un sal***, un imposteur et un menteur compulsif. Ou du moins, c’est ce à quoi des femmes blessées et déçues dans leur quête d’amour se sont résolues à croire.

À l’ère où la sexualité est considérée comme une activité parmis tant d’autres entre adultes consentants, où l’on se sert de l’autre pour assouvir ses propres désirs et où nous sommes plus engagés à notre abonnement internet qu’envers notre partenaire, l’idée même d’un prince charmant semble dérisoire. Alors le “prince” qui n’a rien perdu à son charme est devenu plus un sex friend. On veut être aimée mais sans prendre le risque d’être blessée, se mettre nue, sans se montrer vulnérable et partager sans s’engager, mais on ne veut pas pour autant renoncer au rêve de fidélité, d’idéal romantique et à la volonté de fonder une famille.

On rêve de Monsieur “Charmant” mais faute de mieux, on se contente du crapaud, Monsieur “Presque-ça”. C’est presque un prince dont nous sommes presque amoureuses ou presque amies avec lequel nous sommes presque en relation et presque épanouies. Mais si depuis tout ce temps le prince charmant existait vraiment mais que nous n’avions pas été capables de le reconnaître et de l’accueillir dans nos vies ?

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Aujourd’hui, on ne pense plus en “nous” mais en “Moi, Roi”. En ligne, nous sommes tournés sur soi. On part de soi pour se mettre en valeur comme un produit et rechercher un autre « moi », quelqu’un qui correspond à notre profil.
— Magmoiselle

Avec l’évolution des mœurs, des valeurs et de la famille, la vision même du couple a extrêmement changée ces dernières années. Ce qui était essentiel pour nos grands-parents n’a pas la même valeur pour nous et inversement. Et même si chaque génération à son lot de positifs et négatifs, nous pouvons tout de même relever que dans notre avancée vers un individualisme de plus en plus fort, nous avons perdu une notion essentielle à l’amour. Celle d’être portés vers l’autre, de donner sans attendre en retour. Aujourd’hui, on ne pense plus en “nous” mais en “Moi, Roi”. En ligne, nous sommes tournés sur soi. On part de soi, pour se mettre en valeur comme un produit et rechercher un autre « moi », quelqu’un qui correspond à notre profil.

Au japon, un nouveau phénomène émerge, le mariage seul. Des hommes et femmes n’ayant jamais trouvé la personne digne de partager leur vie décident de célébrer un mariage sans partenaire, les fleurs, la robe blanche, tout y est, enfin presque. L’individu est tellement au centre de tout qu’il n’a même plus besoin de l’autre pour se marier. Malheureusement, pas besoin de se rendre jusqu'au Japon pour se rendre compte que le couple souffre d’une individualité grandissante. On se préoccupe de nos ambitions personnelles, nos rêves et nos besoins et aussi charmant soit-il, ça ne laisse pas beaucoup de place à un prince potentiel.

Le couple ce n’est pas l’union de deux moitiés mais l’ensemble de deux entiers. Nous ne sommes pas supposés vivoter avec 50% de notre potentiel, rêves et passions jusqu’à ce que l’on trouve l’elu de notre cœur et la personne qui partage notre vie n’est pas censée être le centre et l’essence de notre vie.
— Magmoiselle

Pourtant, on connaît et on rêve tous de cette fameuse phrase “Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.” La vie à deux est devenue le symbole de l’accomplissement, un objectif de vie et une source du bonheur intarissable. À tout prix, nous cherchons une moitié qui nous serait manquante et qui donnerait sens à une vie jusqu’ici fade. C’est une vision de la vie et de l’amour terrible selon moi. Le couple ce n’est pas l’union de deux moitiés mais l’ensemble de deux entiers. Nous ne sommes pas supposés vivoter avec 50% de notre potentiel, rêves et passions jusqu’à ce que l’on trouve l'elu de notre cœur. Et la personne qui partage notre vie n’est pas censée être le centre et l’essence de notre vie. Être bien avec quelqu’un, ça commence par être bien avec soi. La vie à deux n’en sera que meilleure si on en fait déjà quelque chose d’extraordinaire lorsque l’on était seule.

Le célibat n’est donc pas une période de battement entre deux bouffées d’air de relation. Il n’est pas non plus nécessairement la saison de chasse aux princes mais c’est le temps rêvé pour mûrir et devenir la princesse charmante de notre prince. La plupart des femmes cherchent un prince mais personne ne cherche à être princesse. On veut l’homme idéal sans savoir si nous serions un idéal pour lui. Je ne parle pas de perfectionnisme ici, mais d'esprit critique et d’introspection.

Le célibat c’est le temps pour en finir avec une addiction, des problèmes de colère, de mauvaise estime de soi, réfléchir à notre vision du monde et de la vie. Le célibat c’est une période excitante, d’inconnu, de rencontres et pourquoi pas, celle d’un prince charmant ? Alors le prince charmant on continue d'y croire ou pas ??