Un peu, beaucoup, follement complexée

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Ce matin, entre deux story Instagram, on m’a proposé de « perdre 12 kg en 4 semaines », de « faire disparaître mon petit ventre», de « dire adieu à mes poignées d’amour » ou encore d’avoir enfin « le corps de mes rêves ». En me baladant sur internet plus tard, c’est cette fois-ci les blogueuses qui me donnent leurs trucs et astuces pour maigrir, galber et sculpter. Dans la rue, dans les kiosques ou à la télé, le message reste le même : “Tu n’es pas assez”. Même si je pouvais simplement décider de ne plus me préoccuper de mes complexes, le monde se chargerait de me les rappeler et même d’en créer davantage. On est constamment assailli d’images, de publicités et de slogans destructeurs. Notre économie fleurit sur nos insécurités et fait de nos complexes un vrai business. On essaie alors de les accepter et de faire avec comme s’il s’agissait d’une malédiction avec laquelle nous devions apprendre à vivre. Mais qu’en serait-il si nos imperfections étaient en fait un de nos plus grands atouts?

Les complexes sont entrés dans notre plus profonde intimité, ils nous obsèdent et nous pouvons être prêt à tout pour s’en débarrasser. 
— Magmoiselle

Les complexes touchent tout le monde, ils ne font pas de discrimination de genres, ethnies ou religions. Que l’on soit un top model ou pas, on a tous déjà vécu, un moment ou l’autre, un manque d’estime de soi et notre environnement n’est pas aidant. Suite à la démocratisation de la pornographie par exemple, de plus en plus de filles et femmes sont complexées par leur vulve et décident de passer sur le billard pour se faire rétrécir leurs lèvres vaginales. Les complexes sont entrés dans notre plus profonde intimité, ils nous obsèdent et nous pouvons être prêt à tout pour s’en débarrasser. La souffrance psychique est réelle et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ni la douleur, ni l’argent, ni les risques médicaux sont des éléments assez forts pour faire changer d’avis celles et ceux qui se tournent vers la chirurgie ou encore les troubles alimentaires comme réponse à leur mal-être.

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Dieu merci, nous sommes bien plus que de belles poupées et notre beauté ne réside pas dans nos similarités à Jessica Alba ou même Jennifer Aniston. 
— Magmoiselle

C'est un combat mental sans fin que l’on essaie de combattre avec nos corps. Quand le ventre sera plat, il faudra que nos fesses soient rebondies et quand ça sera le cas, ce sera cette fois-ci nos seins qui ne seront pas assez gros ou nos dents pas assez blanches,... C’est le syndrome de l’éternelle insatisfaction et la quête de l'inatteignable, la perfection. C’est afférent de savoir que même celles et ceux qui sont considérés comme des références de beauté, ne peuvent pas correspondre complètement aux standards de beauté et sont donc photoshopés. Si même Jessica Alba ne ressemble pas à la photo de Jessica Alba, j’aurais beau essayer, je ne lui ressemblerai jamais. La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que je ne suis pas Jessica Alba et que je n’ai donc pas besoin de lui ressembler, ni à elle et encore moins à ces couvertures de magazines. Dieu merci, nous sommes bien plus que de belles poupées et notre beauté ne réside pas dans nos similarités à Jessica Alba ou même Jennifer Aniston. Elle se trouve dans notre essence, notre personne et qui nous sommes en tant qu’individu. En d’autres termes, notre beauté prend racine dans ce qui fait de nous qui nous sommes. Ma réflexion étant, si une partie de notre charme réside dans notre individualité et nos différences, notre non-conformité serait donc une valeure ajoutée à notre capitale beauté et non l’inverse. Nos cicatrices, nos tâches de naissance, nos asymmetries et autres singularités ne seraient donc plus une malédiction des temps modernes mais un don de distinction. Fini les complexes, les parties de votre corps que vous appréciez sûrement le moins, sont peut-être en fait ce qui vous rend si spéciale, unique et belle.  

Mais je crois qu’on se rend de plus en plus compte que la différence est en fait une force. C’est par exemple le cas de Winnie Harlow, un mannequin à succès, diagnostiquée du vitiligo, une condition qui cause une dépigmentation de la peau. Bien qu’unique, cette femme est magnifique. Elle a pourtant également souffert de harcèlement et de moquerie à cause de sa peau. Aujourd’hui, c’est l’un des mannequins les mieux payés et elle défile fièrement à travers le monde. C’est peut-être là que réside la beauté, dans la pleine acceptation de nos corps.  

 Winnie Harlow 

Winnie Harlow 

 

 

 

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